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L'Emprise de l'image

978-2364290020

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Un individu devient terroriste, non pas pour avoir commis un acte déterminé, mais parce qu’il est montré comme tel... Le fait que l’annulation de nos libertés prenne la forme de la loi nous indique qu’il s’agit avant tout d’obtenir notre consentement, de promouvoir la participation des citoyens à leur abandon.

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14,20 € TTC

Fiche technique

Editeur: Yves Michel Editions
ISBN: 978-2364290020
Format: 12 x 22 cm
Nombre de pages: 210 pages
Poids: 550 g

En savoir plus

 DE GUANTANAMO À TARNAC

 

L'auteur : Jean-Claude Paye

Jean-Claude Paye est sociologue. Il est connu grâce à un grand nombre d'articles, dans des revues internationales ou des quotidiens francophones (dont Le Monde Diplomatique, Libération, L'Humanité, Mediapart, etc.) portant sur le bouleversement du droit pénal, induit par la "lutte antiterroriste". Il s'est d'abord intéressé aux réformes de la police et de la justice en Belgique. Il en est sorti un premier livre : Vers un Etat policier en Belgique (EPO, 1999). Le côté international de ses travaux sur la mutation du juridique a été confirmé par le livre La Fin de l'Etat de droit (La Dispute, 2004), et par Global War on Liberty (TELOS Press, USA, 2007). Ces ouvrages ont été traduits dans les principales langues européennes. Il vit à HUY, en Belgique, et contribue régulièrement au Réseau Voltaire.

 

PRÉSENTATION

À travers l’étude des lois et des « affaires terroristes », cet essai articule critique juridique, politique et concepts de la psychanalyse. Il porte sur l’annulation de la fonction du langage au profit du règne de l’image.

La langue de la lutte « antiterroriste » opère un renversement de l’ordre juridique et politique. La mise en scène de l’abandon des droits de la défense ou de la fin de la séparation des pouvoirs en atteste. Cette monstration nous engage dans une transformation plus profonde, celle d’une mutation de l’ordre symbolique de la société, de ce qui fait de nous des « parlêtres ».

Un individu devient terroriste, non pas pour avoir commis un acte déterminé, mais parce qu’il est montré comme tel. L’image du terrorisme est englobante. Elle dissout le caractère séparateur du langage. L’acte et l’organisation terroristes n’acquièrent une matérialité que comme objets du regard du pouvoir

Le fait que l’annulation de nos libertés prenne la forme de la loi nous indique qu’il s’agit avant tout d’obtenir notre consentement, de promouvoir la participation des citoyens à leur abandon. La loi est renversée en son contraire. Elle devient  suppression de toute limite à la volonté de puissance du pouvoir.

 

Style exigeant pour un livre essentiel !

 

Extrait de l'avant-propos

Affronter la Gorgone

L'objectif de ce livre ne se limite pas à mettre en lumière le bouleversement de l'ordre de droit. Le travail a déjà été effectué en grande partie dans un ouvrage précédent. De telles analyses, basées sur l'étude objective des textes, sont actuellement difficilement recevables car il n'y a plus de séparation entre l'observation et le regard. Nous vivons dans une époque où la référence aux faits relève de la «théorie du grand complot». Tout ce qui donne un point de vue ou dévoile des événements qui pourraient ébranler le rapport d'amour, de fusion entre l'individu et la Mère symbolique, l'État maternel, doit être expulsé du champ de la vision. Le problème n'est donc pas seulement de réaffirmer la primauté des faits, mais de leur construire un espace, afin de les rendre inscriptibles, c'est-à-dire, saisissables, non pas par la conscience, par la faculté de juger, mais recevables par l'inconscient, par ce qui permet à la conscience d'émerger.

Pour ce faire, il faut rétablir la fonction du langage qui consiste à représenter le réel. Ainsi, les concepts de la psychanalyse s'avèrent indispensables. Au moment où l'on nous intime de nous taire et de nous abandonner à la machine jouissante, la psychanalyse nous montre qu'il n'y a d'homme que parlant. Promouvoir le principe de réalité, construire un discours qui rétablit la primauté de l'objectivité sur le sentiment et l'émotion, ne suffit plus. En même temps que de construire une analyse du réel, il est nécessaire de rétablir les conditions pour que la parole émerge et puisse être entendue.

La décomposition du rapport social est telle que l'installation d'une structure politique démocratique passe par le rétablissement d'un ordre symbolique, de ce qui fait de nous des êtres humains. Ce ne sont pas uniquement nos libertés qui sont attaquées, mais ce qui nous constitue en tant que sujets, des êtres de désir susceptibles de s'inscrire dans le devenir... Le niveau imaginaire, ce qui organise le lien social, est détruit. Il n'y a plus de cran d'arrêt au circuit pulsionnel. Nous sommes installés dans une matrice psychotique et non plus dans une structure névrotique, où l'individu n'est plus un être parlant, mais est parlé, procréé par l'autre et où le virtuel se confond avec le réel. Nous sommes également insérés dans des rapports interindividuels relevant de la perversité, qui nous intiment de jouir de cette psychose, qui font de nous des machines jouissantes.

Dans un tel contexte, fournir les armes de la critique et assurer la critique de ces armes ne suffit plus, car nous ne sommes plus dans le langage. Nous n'avons plus les mots pour dire, pour opposer une critique et ainsi, dans un même mouvement, déterminer qui est l'ennemi, tout en nous construisant comme sujet social.

(...)